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REGISTRES D
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et vous asseurer que, quant aux surettez du rem-bourcement de ce qui nous sera par vous presté, elles sont telles que ceulx qui en vouldront estre rembourcez dedans trois mois par les mains du Receveur de la ville des deniers que luy ferons fournir par nostre Recepveur general de Paris, proceddans de la vente des biens de l'Esglise(3', ou bien leur sera constitué rente par la Ville sur bonne et seurc assignation que nous ferons pour cest effect bailler sur les plus clairs deniers de nostred. Recepte generalle de Paris, sans qu'il y ayt aucune faulte, difficulté ou retardement; par quoy vous n'aurez occasion de nous reffuser en la requeste que nous vous faisons, nous certiffiant à laquelle vous estes asseurez que nous reputerons cela à tres grant service et plaisir pour en avoir perpetuelle memoire et souvenance.
"Donné au bois de Vinciennes, le xxue jour de Juing mil v'lxui.»
Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Robertet.
Et au dessus desd, lettres est escript : A noz trés chers et bien amez les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
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daventaige, le surachapt de sel qui reviendroict par cc moyen, au lieu d'un escu, à plus de deux ou troys escuz le minot. Pareillement, que tant plus lad. place demourera es mains desd. Anglois et tant plus en augmenteront lesd, dommaiges qu'elle nous cause et à nostred, royaulme, et tant plus aussy coustera elle à réduire, que sy une fois nous en pouvons deschasser les Angloix et la remectre en nostre obeissance, comme il y a fort bonne esperance que nous pourrons faire promptement, estans secouruz d'argent, ilz sont par là privez et exclduz de jamais recouvrer la ville de Callais pour avoir ouvert la guerre, et cn ce faisant viollé et reffrainct le traicté de paix dc Chasteau en Cambresis et tout ce qui s'en est ensuyvy. Et finablement que la pluspart des princes et grandz seigneurs de nostre royaume s'accommodent, outre le service de leurs propres personnes et perilz de leurs vies, qu'ilz ne feignent poinct exposer à une sy urgente et necessaire occasion, à nous prester de leurs deniers, chascun selon le moien qu'ilz en ont, aussy qu'à faulte d'estre noz gens de guerre paiez, ilz seront contrainctz vivre sur nostre peuple f1', à nostre trés grant regrect et desplaisir, vous ne nous veillez habandonner en ce coup, en estant le besoing si grand qu'il est(2),
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CCCLXIII. — Lettre de la Royne.
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22 juin 1563. (Fol. 200 v°.)
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"Messieurs, vous entenderez par la lettre que le Roy, monsr mon filz, vous escript presentement les grand besoing et necessitté que nous avons d'estre par vous aydez et secourruz promptement des cent mil escuz par prest, dont nous vous avons dernierement recerchez et requis, et pour ce quc de là dé-
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pend toute la principalle excecution de ceste prinse du Havre, je vous prye, autant qu'il m'est possible, de vous évertuer en cela, et nous satisfaire de ceste somme pour l'importance de l'occasion pour laquelle nous avons à l'employer, et vous assurer sur moy et ma prommesse, qu'il n'y aura aucune faulte que
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(1) Ces craintes n'étaient que trop fondées; tous les mercenaires, en attendant l'arriéré de leur solde, vivaient aux dépens du peuple, ct ce pauvre peuple, dit la Reine-Mère dans une dépêche du 27 avril à M. de Gonnor, que les reîtres pillent, mangent et saccagent jusques aux osn. (Lettres de Catherine de Médicis, t. II, p. 25.)
(2) La situation fort critique dans laquelle se trouvait l'État avait été exposée le 17 mai en séance du Parlement par le chancelier de l'Hôpital qui montrait le Roi ayant sur les bras les soldats étrangers, reîtres, lansquenets, Suisses, qu'on ne pouvait congédier sans payer leur solde; les Suisses seuls réclamaient i5 à 1,600,ooo livres, et l'on devait pourvoir à l'entretien de l'armée envoyée contre le Havre, ll fallait pour la Saint-Jean 5 à 6 millions, et il en était dû plus de 5o; la pauvreté du Roi était telle que le chancelier pouvait dire : «Si le royaume étoit en criées, il ne se vendroit pas;-. (Archives nationales, Parlement de Paris, X" 16o5, fol. 192 v°.)
(3) L'aliénation des biens de l'Eglise, jusqu'à concurrence de ioo,ooo écus de rente, ordonnée par édit de mai 1563, ne fut pas effectuée sans murmures ni protestations ; le 23 juin, le chapitre de Notre-Dame vint au Parlement présenter des remontrances à cet égard el offrir, pour empêcher «la vendition et distraction du domaine de l'Eglise», une somme de 60,ooo livres; ces offres furent écartées par Ies surintendants des finances qui, paraît-il, désiraient profiter de l'occasion pour se procurer des terres de l'Eglise. (Mémoires du prince de Condé, p. 702.)
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